Du 12 au 19 décembre 2025, nous avons posé nos valises à Ténérife, l'île de l'éternel printemps. Sauf qu'en réalité, on a eu droit à la tempête Emilia : grêle, pluie, vent violent, routes fermées et même de la neige au sommet du Teide. Mais au final, c'est peut-être ce qui a rendu ce voyage si mémorable. Entre galères météo, villages accrochés aux falaises et soleil retrouvé dans le sud, voici notre semaine canarienne.
Jour 1 : Arrivée nocturne et première surprise
Le 12 décembre, on embarque dans l'avion direction Ténérife Sud. Vol de nuit, on atterrit le
13 à 1h du matin. L'aéroport est calme, presque endormi. On récupère notre voiture de location chez
Cicar et on prend la route vers notre premier logement : Los Gigantes, petit village
côtier de l'ouest connu pour ses falaises vertigineuses.
La route serpente dans la nuit noire, on ne voit rien du paysage. On arrive épuisés, on se couche
directement. Le réveil sera pour découvrir l'île... et la surprise qui nous attend.
Jour 2 : Bienvenue à Ténérife... et bienvenue dans la tempête Emilia
Au réveil, on ouvre les volets avec enthousiasme. On s'attend à voir le soleil, la mer turquoise,
les falaises majestueuses... Et là, la douche froide. Littéralement. Il pleut. Il vente. Et il
commence à grêler.
On apprendra plus tard qu'on est arrivés pile pendant la tempête Emilia, qui paralyse toute
l'île. Les plages sont fermées, des excursions annulées, la température est proche de 10°C avec un
ressenti encore plus glacial à cause du vent. Le ciel passe du gris au bleu en quelques minutes,
puis retour au gris.
Mais on ne va pas se laisser abattre. On décide de visiter Los Gigantes malgré tout. On
commence par la Playa de la Arena, plage de sable noir balayée par les vagues déchaînées.
Impossible de se baigner, mais l'ambiance est incroyable. Les rouleaux s'écrasent sur le rivage
avec une force impressionnante.
On poursuit jusqu'au Charco de Isla Cangrejo, petite piscine naturelle creusée dans la roche.
Fermée également, mais le spectacle des vagues qui s'y engouffrent vaut le détour. Au loin, on
aperçoit les fameuses falaises de Los Gigantes noyées dans la brume. Ces parois verticales
de 600 mètres de haut sont impressionnantes même sous ce ciel gris.
On décide de se réfugier dans un restaurant. On tombe sur Flor del Drago. Et quelle découverte !
On s'attendait à un piège à touristes, mais pas du tout.
Le personnel est adorable, le patron super sympa, la cuisine excellente. Une paella
avec 1L de sangria. On reprend des forces et des couleurs.
L'après-midi, on retourne à la Playa de la Arena pour quelques photos. Le temps s'améliore
légèrement, quelques rayons de soleil percent les nuages. On profite de ces éclaircies pour capturer
les contrastes entre le sable noir volcanique, les vagues blanches d'écume et le ciel tourmenté.
Le soir, on se fait plaisir avec un dîner au Pogetto. Restaurant incroyable avec vue sur la
mer. La cuisine est raffinée, l'ambiance chaleureuse. Malgré la météo capricieuse, cette première
journée se termine bien.
Jour 3 : Excursion ratée... mais quand même beau
Le 14 décembre, on a réservé une excursion observation de baleines et dauphins en mer. La
tempête Emilia vient de passer, et c'est notre seule fenêtre possible. On ne peut pas reporter.
On embarque sur le bateau et... la mer est hyper agitée. Les vagues sont énormes, le bateau
tangue violemment. On s'accroche comme on peut. Le capitaine est honnête avec nous : avec ces
conditions, il y a très peu de chances de voir des cétacés. Les baleines et dauphins restent en
profondeur quand la mer est déchaînée.
Résultat : pas de baleines, pas de dauphins. Mais on a quand même le droit à un spectacle grandiose :
les falaises de Los Gigantes vues depuis la mer. Ces parois verticales qui plongent dans
l'océan sont vertigineuses. Les vagues s'écrasent contre la roche noire dans un fracas assourdissant.
C'est sauvage, c'est puissant, c'est impressionnant.
L'après-midi, on devait aller à Masca, mais les routes sont endommagées par la tempête.
Certains tronçons sont fermés, d'autres dangereux. On reporte au lendemain.
On termine la journée tranquillement avec un coucher de soleil à Los Gigantes. Le ciel
s'embrase dans des teintes orangées et roses, la mer se calme enfin. Ce moment paisible fait du
bien après l'agitation de la journée.
Jour 4 : Le village de Masca
Le 15 décembre, on se réveille avec l'envie d'aller au Teide, le volcan culminant à 3 718
mètres d'altitude. Mais surprise : il a neigé pendant la nuit et toutes les routes d'accès
sont fermées. Complètement fermées. Impossible d'approcher.
On change de plan et on se dirige vers Masca. Ce village est perché dans les montagnes,
accessible par une route sinueuse vertigineuse. Pour éviter les galères de stationnement, on se
gare à Santiago del Teide et on prend le bus. Excellente décision.
Masca est un lieu à part. Un petit village isolé, accroché aux flancs d'une gorge
spectaculaire. Les maisons traditionnelles semblent suspendues entre ciel et terre. C'est calme,
presque hors du temps. On se balade dans les ruelles étroites, on admire les vues vertigineuses
sur les canyons.
L'endroit est vraiment coupé du monde. Pas de wifi, pas de réseau mobile, juste le silence des
montagnes et le chant des oiseaux. On prend quelques photos souvenirs, on savoure ce moment de
tranquillité.
On reprend le bus, puis la voiture direction Garachico, village côtier du nord.
Malheureusement, les piscines naturelles restent fermées à cause des vagues dangereuses.
On se contente de se balader dans les rues pavées, d'admirer l'architecture coloniale et les
façades colorées.
Ensuite, cap sur Icod de los Vinos pour voir le fameux Drago Milenario, un arbre
dragon millénaire. Cet arbre étrange et majestueux est l'un des symboles de Ténérife. Sa forme
tortueuse et ses branches qui ressemblent à des tentacules lui donnent un aspect presque mythologique.
Après avoir mangé, on prend la route vers Puerto de la Cruz pour rejoindre notre second logement. Cette ville du nord est plus touristique, mais elle garde un charme certain. Les rues animées, les places bordées de palmiers, l'architecture coloniale... C'est agréable à découvrir.
Jour 5 : Forêt mystique d'Anaga
Le 16 décembre, on se lève avec l'envie de découvrir le Parque Rural de Anaga, réputé pour
ses forêts de lauriers millénaires et ses paysages spectaculaires. Mais encore une fois, la météo
n'est pas clémente : il pleut.
On hésite. Faire une randonnée sous la pluie, ce n'est pas l'idéal. Mais finalement, on se dit pourquoi
pas ? Et on ne regrette absolument pas. L'ambiance est féerique. La forêt prend des
allures de conte fantastique.
Après cette balade mystique, on se dirige vers Punta del Hidalgo, pointe nord-est de l'île. On trouve un des rares restaurants ouverts. La cuisine est bonne, la vue sur l'océan superbe. Puis on va au belvédère pour quelques photos panoramiques.
On part ensuite à La Laguna avant 16h pour éviter le trafic. Heureusement, on trouve une
place de parking gratuite ! La Laguna est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO pour son
centre historique colonial. Mais honnêtement, la ville est très rapide à visiter. Quelques
rues pavées, des façades colorées, une belle cathédrale... En une heure, on a fait le tour.
On décide de rentrer chill à l'appartement. On achète quelques produits locaux dans une épicerie
et on passe la soirée tranquille à la maison.
Jour 6 : Santa Cruz et décision spontanée
Le 17 décembre, on part visiter Santa Cruz de Tenerife, la capitale. On prend le tram
depuis La Laguna, c'est seulement 30 minutes et c'est pratique. Santa Cruz est une ville agréable,
mais là aussi, très rapide à découvrir.
Le centre-ville est compact : quelques places, le port, le marché... Il fait encore froid, venteux,
avec quelques averses. On se balade tranquillement, on profite des décorations de Noël qui
illuminent les rues. C'est joli, festif, mais on sent qu'on est un peu lassés du nord et de cette
météo capricieuse.
On retourne à La Laguna en fin d'après-midi. Et là, dans l'appartement, on prend une décision
spontanée qui va changer la fin de notre séjour : on ne va pas finir les vacances ici.
Pourquoi ? Parce qu'on en a marre du froid, de la pluie, du vent. On a envie de profiter du
Ténérife avec son soleil, ses plages, sa chaleur. Et d'après ce qu'on a compris,
tout ça, c'est dans le sud.
On réserve une nuit à Adeje pour le lendemain. On quitte le nord, direction le sud !
Jour 7 : Le sud enfin ! Adeje et la renaissance
Le 18 décembre, on prend la voiture et on roule vers Adeje, station balnéaire du sud-ouest.
À peine arrivés, on comprend qu'on a fait le bon choix. Il fait chaud.
Il fait beau. Le ciel est d'un bleu éclatant. Les plages sont ouvertes.
C'est incroyable : on est sur la même île, à seulement 50 kilomètres du nord, mais c'est un monde
complètement différent. Ici, c'est l'été perpétuel. Les touristes sont tous là. Les terrasses sont
pleines. Les surfeurs sont à l'eau. On se sent renaître.
On passe la journée à flâner. Regarder les surfeurs prendre les vagues. On ne réfléchit plus,
on ne planifie rien, on se laisse porter.
C'est exactement ce dont on avait besoin. Après une semaine à courir après la météo, à adapter nos
plans en permanence, on savoure enfin ce moment de détente totale.
En fin d'après-midi, on s'installe dans un bar en bord de mer. Vue directe sur l'océan. On
commande un cocktail, on se pose sur la terrasse. Et là, devant nous, se déroule un coucher de
soleil magnifique. Le ciel s'embrase dans ses teintes oranges. Le soleil
descend lentement vers l'horizon, se reflétant sur les vagues.
C'est le moment parfait. L'instant idéal pour clôturer ce séjour à Ténérife. Après tous les rebondissements,
toutes les surprises météo, toutes les adaptations... On termine en beauté, un verre à la main, face à ce spectacle grandiose.
Rien de mieux pour finir ces vacances.
Conclusion
Ténérife, c'est vraiment l'île des contrastes. Et notre séjour l'a parfaitement illustré.
Au nord : la tempête Emilia, la pluie, le froid, les routes fermées, les plages interdites. Des
paysages mystiques sous la brume, des forêts féeriques, des villages perchés hors du temps. Une
Ténérife sauvage et authentique, loin des clichés touristiques.
Au sud : le soleil, la chaleur, les plages ouvertes, les surfeurs, les terrasses animées. La
Ténérife carte postale, celle qu'on imagine quand on pense aux Canaries.
On ne regrette rien. Ni la tempête, ni les galères, ni les changements de plan. Tout ça fait partie
de l'aventure. Ça nous a appris à lâcher prise, à accepter l'imprévu, à nous adapter. Et
finalement, c'est peut-être ça le plus important en voyage : rester flexible, garder le sourire, et
profiter de chaque instant, qu'il pleuve ou qu'il fasse beau.
Cette semaine à Ténérife nous a offert deux voyages en un. Le nord mystérieux et le sud ensoleillé.
Les falaises vertigineuses et les plages de rêve. La forêt millénaire et le désert de lave. La
tempête et le calme. L'aventure et la détente.
Merci Ténérife. Même si tu ne nous as pas facilité la tâche, on a adoré découvrir tous tes visages.
Un petit coup de pouce
N'hésitez pas à me suivre sur les réseaux sociaux pour plus de découvertes !
@shanbo_photographe